Vous êtes ici : Accueil 5èmes rencontres Céreq-Dares-Réseau CarifOref - 16 juin 2015 Plénière


5ès rencontres Prospectives du 16 juin 2015

 

Animateur : Pascal Caillaud, Directeur du Centre associé au Céreq des Pays de la Loire

     14h-14h45 - Démarches prospectives : du positionnement stratégique à l’identification des métiers d’avenir
     Basilio Napoli, Directeur général du Forem
    [support de l'intervention]

     14h45-15h30 - L’emploi et les métiers en 2022
    Julie Argouarc'h, Dares, Sandrine Aboubadra-Pauly et Frédéric Lainé, France Stratégie
    [support de l'intervention]

     15h30-16h15 - Prospective des métiers et des qualifications : démarche régionale et sectorielle
     Aline Valette-Wursthen et Christophe Guitton, chargés de mission Partenariats régionaux au Céreq
    [support d'intervention]

Consultez la fiche Plénière

 

De l'utilité de la prospective

« Le sujet est on ne peut plus stratégique, introduit Michel Ricochon, Direccte des Pays de la Loire et Président du Carif-Oref Pays de la Loire, la prospective des emplois, des métiers et des qualifications vue sous un triple angle : le secteur, le territoire et, ce qui est nouveau, la personne. »

 

L’exercice n’est pas facile. Comment faire face à l’avalanche des informations statistiques et des analyses, comment ordonner cette information pour qu’elle fasse sens ? Ou encore, comment inscrire des actions de court terme sous injonction de l’effet immédiat, dans une perspective de long terme ?

 

« Vos productions doivent servir »

Au-delà des écoles et des chapelles, l’objectif est évidemment de préparer l’avenir en prenant aujourd’hui les bonnes décisions et pour cela que ces décisions soient éclairées par les dires de spécialistes et d’experts. La prospective est utile car elle met en évidence des tendances lourdes toujours à l’œuvre et que l’on peut prolonger. Mais il faut aussi s’intéresser aux phénomènes émergents, aux courants faibles, et envisager quelles inflexions ou ruptures ils peuvent entraîner. La démarche prospective met autant l’accent sur les contraintes que sur les espaces de choix.

 

Les démarches de prospective doivent être de véritables outils d’aide à la décision. Michel Ricochon interpelle alors les participants : « Il y a un fort enjeu partagé : vos productions doivent servir ! » Le décideur n’étant pas dans la même temporalité et la même posture que le producteur d’informations et d’analyses, il est indispensable de trouver les méthodes et les supports simples et robustes de transmission qui soient facilement et rapidement appréhendables par le décideur. « Pour cela, insiste-t-il, rendez vos résultats lisibles et soignez votre communication. »

 

Forts de ces conseils, les intervenants de la plénière ont présenté quelques exemples de démarches prospectives.

 

 

Le regard prospectif du Forem

Le Forem est le service public de l’emploi et de la formation professionnelle de la Wallonie (Belgique). Basilio Napoli, son responsable, explique que l’institution a un double rôle : celui d’opérateur et de prestataire en matière d’emploi et de formation et celui d’acteur pivot (régisseur) sur le marché de l’emploi. Les travaux du Forem en matière de prospective alimentent les deux axes.

 

Durant 8 ans, le Forem a géré, après l’avoir conçu, un dispositif de lutte contre les pénuries de main-d’œuvre. Au départ, l’objectif était d’abord et avant tout d’identifier les problèmes rencontrés sur des métiers spécifiques et de mettre en œuvre des réponses adaptées.

Il s’est toutefois avéré que des difficultés observées sur certains métiers et certaines qualifications préfiguraient des situations qui ont tendance à se généraliser sur le marché de l’emploi. Ainsi en est-il de la liquidité du marché du travail, de la référence aux compétences et moins aux métiers ou encore du développement des brevets et des agréments.

 

 

L’emploi et les métiers en 2022

De leur côté, Julie Ardouarc’h (Dares), Sandrine Aboubadra et Frédéric Lainé (France Stratégie) ont présenté les principaux résultats de l’exercice de prospective des métiers et des qualifications à l’horizon 2022.

Trois scénarios ont été appréhendés, qui permettent d’apprécier les effets sur les perspectives d’emploi par métier de l’évolution macroéconomique et sectorielle, dans un contexte conjoncturel particulièrement incertain. Selon le scénario envisagé, entre 735 000 et 830 000 postes par an seraient à pourvoir entre 2012 et 2022. Environ 80 % d’entre eux correspondent à des départs en fin de carrière ; les autres sont des créations nettes d’emploi.

Par ailleurs, quelques tendances lourdes sur le marché du travail se dégagent : une tertiairisation des métiers, une relative polarisation de l’emploi et une progression des femmes dans l’emploi.

 

Démarche régionale et sectorielle versus démarche nationale

Enfin, Christophe Guitton et Aline Valette-Wursthern (Céreq) ont analysé les liens qui existent entre les exercices de prospective des métiers et des qualifications nationaux et les démarches mises en œuvre au niveau sectoriel et au niveau régional. Ces dernières ont leurs propres spécificités. Des contraintes de nature à la fois technique, stratégique et politique, orientent la façon dont ces travaux sont pensés, réalisés et utilisés.

Concernant la prospective de la formation, la question est de savoir jusqu’où aller. Peut-on vraiment évaluer parmi les postes à pourvoir à un horizon de 10 ans, le volume des recrutements exogènes et le nombre de personnes qu’une branche devra former ou qualifier chaque année ? Comment observer la déformation à moyen long terme de la structure des qualifications pour en déduire des besoins de formation initiale (générale, professionnelle, en apprentissage) sans verser dans l’ornière adéquationniste ?

 

Que faire de tous ces questionnements et travaux ? En conclusion, Michel Ricochon revient sur la question. « Il ne s’agit pas de savoir si ça sert ou pas, mais de savoir si on veut vraiment s’en servir. »

 

Carif-Oref juin 2015

  

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