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Fiche métier cogniticien/ne



Ingénieur spécialisé dans l'intelligence artificielle, le cogniticien modélise et conçoit des machines intelligentes pouvant aider les utilisateurs dans leur travail ou leur vie quotidienne. Un métier à la croisée de l'informatique, de l'automatique et des sciences humaines.

Aider à dessiner le cockpit d'une voiture de course ou d'un avion de chasse, créer des systèmes de substitution pour des malvoyants, permettre à des chirurgiens de faire de la télémédecine... voici quelques applications du cogniticien. Son rôle : proposer des modèles de conception accompagnés d'outils techniques et technologiques adaptés à l'homme, permettre une meilleure coopération entre l'homme et les systèmes informatisés. Un métier encore récent, un enjeu réel... mais peu de places.

Tout déplier  

Adapter les systèmes
Adapter une machine ou un système technologique aux utilisateurs, permettre le partage des connaissances, concevoir des outils d'information intelligents... le cogniticien fait en sorte qu'homme et technologie marchent à l'unisson. Par exemple, il conçoit des IHM (interfaces homme-machines) adéquates et ergonomiques, et réfléchit à la possibilité d'automatiser certaines tâches. Il adapte les outils numériques pour augmenter des performances, accroître la sécurité accrue ou assurer un meilleur confort.
De la recherche au terrain
Intégré dans une unité de recherche et développement, le cogniticien est un chercheur qui débroussaille un domaine, mène des enquêtes, prépare des données d'étude et de test... Son travail de préparation aide ensuite les spécialistes de terrain à développer des produits, qui devront répondre aux contraintes précises d'un cahier des charges et qui devront être livrés dans des délais fixés.
Expert des facteurs humains
Le cogniticien puise ses méthodologies dans les sciences humaines (psychologie, sociologie, sciences du langage...), la biologie humaine et les technologies de communication. Il a de solides connaissances en modélisation ainsi qu'en traitement de l'information (vision, audition, mémorisation, intelligence artificielle...). Il en tient compte dans ses applications. De plus en plus il travaille en amont des projets et s'occupe d'ergonomie de conception plutôt que de correction.

Un vaste champ d'application
Systèmes de pilotage ou de visualisation, gestion des connaissances, réalité virtuelle, handicap et compensation, sécurité de fonctionnement, systèmes hybrides... le métier est pluriel. On retrouve ce professionnel dans les domaines des interfaces, des jeux et du multimédia, mais aussi dans ceux de la gestion des connaissances et de l'usage des systèmes numériques.
Un travail d'équipe
De l'analyse des besoins (analyse fonctionnelle des domaines, des métiers et du facteur humain) jusqu'à la conception, le réglage et la mise en place, le cogniticien aide à mener un projet dans sa globalité. Il travaille main dans la main avec des informaticiens, des statisticiens, des automaticiens, des psychologues, des ergonomes ou des médecins. Il se fait trait d'union entre plusieurs secteurs disciplinaires.

Pour devenir cogniticien, un master ou un diplôme d'ingénieur (bac ° 5) sont nécessaires en sciences cognitives, en informatique ou en mathématiques appliquées, assorties d'une compétence en sciences humaines (pour l'aspect ergonomie et analyse des modes de raisonnement humain).

Certains masters sont rattachés à des écoles d'ingénieurs (par exemple, UTC Compiègne).

Certaines écoles d'ingénieurs possèdent une filière informatique et mathématiques appliquées : ENSEEIHT, Ensimag, Insa Toulouse... D'autres proposent des options en modélisation. À noter : l'École nationale supérieure de cognitique de Bordeaux délivre un diplôme d'ingénieur cogniticien cohabilité par l'université de Bordeaux 1.

    Niveau bac + 5
  • Master informatique spécialité des sciences cognitives ; sciences de la cognition et applications...
  • Diplôme d'ingénieur

Interdisciplinarité exigée
Cet expert possède un bagage technique de base pour dialoguer avec les informaticiens, comprendre les systèmes, les limites et les choix apportés à une application. S'ajoute également une solide formation en sciences humaines, en biologie et parfois en éthologie (étude du comportement). Enfin, avoir une expertise métier dans le domaine concerné s'avère indispensable pour garder une vision d'ensemble de l'environnement et saisir les enjeux.
Gestion de projets
Gestion et résolution de problèmes, élaboration de projets... le cogniticien fait preuve de rigueur, sait gérer un projet et encadrer une équipe. Il garde toujours à l'esprit le destinataire de l'application. Pour cela, ouverture d'esprit et variété des méthodologies sont de mise.
Savoir s'adapter
Le cogniticien est appelé à travailler dans différents secteurs, avec des clients et des interlocuteurs variés. Cette collaboration au quotidien nécessite des qualités d'écoute et de communication, de bonnes capacités d'adaptation notamment au travail collaboratif.

Plusieurs types de recrutement
Énergie, défense, transports, industries automobile, aérospatiale ou navale : le cogniticien intéresse les secteurs où la sécurité et les technologies de pointe sont de mise ; au premier chef aussi, les entreprises d'État. PME (petites et moyennes entreprises) et PMI (petites et moyennes industries), SSII (sociétés de services en ingénierie informatique), entreprises utilisatrices, administrations pourraient suivre, sur des créneaux plus pointus (jeux vidéo, multimédia). Il peut exercer en tant que consultant.
Une niche de compétences
À l'actif du cogniticien : gain d'efficacité, réduction des effectifs, accélération de l'innovation, sécurité accrue, limitation de l'erreur humaine, meilleur confort d'utilisation... Interface entre l'informatique, l'automatique et les sciences humaines, ce professionnel a de quoi séduire. Les embauches sont aujourd'hui privilégiées pour les titulaires d'un diplôme d'ingénieur (bac + 5).
Un parcours d'évolution
Pour le débutant qui n'a pas encore d'expertise approfondie, cela veut souvent dire commencer par un poste de technicien supérieur ou, pour le jeune ingénieur diplômé, par l'intégration dans une équipe sous la responsabilité d'un senior. Puis, il évolue vers des projets plus importants et des fonctions d'encadrement : responsable de projet, manager...
Salaire du débutant
2600 euros brut par mois.

Source : ONISEP