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Fiche métier conchyliculteur(trice)



Les conchyliculteurs élèvent puis récoltent les coquillages. Un métier agricole par l'activité, maritime par le lieu d'exercice. Cette dualité exige de la robustesse et des qualifications pointues.

  • Niveau d'étude : Niveau CAP-BEP
  • Centres d'intérêt :

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Fermier de la mer
L'éleveur en milieu marin favorise la croissance des coquillages. Il intervient de la production à la commercialisation.

L'appellation « conchyliculteur » couvre plusieurs métiers. Le conchyliculteur peut cultiver la moule sur bouchot, à l'aide de clôtures en bois, capter les larves d'huîtres plates en eaux profondes ou élever l'huître creuse sur l'estran (bande littorale dégagée par la basse mer). Les éléments sont communs (coquillages et eau salée), mais les techniques diffèrent.

Le mytiliculteur (éleveur de moules) et l'ostréiculteur (éleveur d'huîtres) commencent par capter le naissain, les larves de coquillages qui dérivent en pleine eau. Les uns utilisent des cages, des « chaussettes » sur des tuiles chaulées ; les autres préfèrent le captage en bassin. Puis ils immergent le naissain sur son lieu de grossissement. Les éleveurs de coques, eux, sèment directement les bébés sur l'estran.

Ensuite le jardinier se fait marin, voire plongeur, pour aller vérifier pieux, tables ou parcs, avant de récolter, trier, emballer et vendre la marchandise.

Une exploitation familiale
L'eau, le vent, les embruns... c'est ce qui motive ces paysans de la mer. Reste que les journées sont longues, et les revenus incertains.

Souvent à la tête d'exploitations familiales, les conchyliculteurs travaillent aussi dans des entreprises aquacoles ou des fermes de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). L'activité se concentre sur la Charente-Maritime, l'Hérault et le Morbihan. Plus de 90 % de la production concernent les huîtres et les moules.

De l'eau jusqu'aux chevilles ou jusqu'à la taille, le dos cassé par les manipulations, le poids des bacs et des poches à huîtres, des nuits entières passées à récolter... le métier est dur. Certes, des solutions techniques allègent les tâches des hommes et des femmes qui l'exercent (ces dernières sont surtout présentes au tri et à l'emballage) : grues hydrauliques, pêcheuses mécaniques, navires amphibies, calibrage informatisé... Mais les activités restent physiques et soumises aux aléas du climat et du milieu. On n'est jamais à l'abri d'une marée noire ou d'une algue toxique. Et la dispersion des parcs comme le transfert des huîtres des uns aux autres imposent de fréquents déplacements.

Les expéditions se concentrent autour des fêtes de fin d'année. Quant aux horaires, ils sont calés sur le rythme des marées.

Se former en permanence
Les formations sont dispensées dans des établissements privés ou publics (ministère de l'agriculture, ministère de l'éducation nationale), les écoles et lycées maritimes et aquacoles.

  • CAP Conchyliculture (maritime)
  • BEP Cultures marines (maritime)
  • BEPA Productions aquacoles
  • bac pro Productions aquacoles
  • bac pro Cultures marines , cosigné par le ministère de l'agriculture, le ministère de l'éducation nationale et le ministère de l'équipement
  • BTSA Aquaculture

À noter : un permis spécial est nécessaire à la conduite des engins navals permettant l'exploitation des filières en mer. Les élèves de BEP maritime le passent au cours de leur cursus.

Robuste et curieux
L'amour de la mer est essentiel, cela va de soi. Mais seuls une santé solide et un esprit curieux permettent de tenir dans la profession. Il faut pouvoir travailler par tous les temps dans un environnement humide, plonger, naviguer, porter des charges... Le conchyliculteur doit d'ailleurs répondre à des critères d'aptitude au métier de marin.

L'élevage du coquillage demande une polyvalence certaine. Pratiquer la soudure est aussi recommandé que tutoyer l'ordinateur ou cultiver le sens de la communication (les conchyliculteurs travaillent dans des petites structures, où le relationnel est important). Des connaissances en gestion et en négociation sont également très utiles pour vendre les coquillages. Enfin, la patience peut aider quand on sait qu'il faut trois ans pour faire grossir une huître !

S'installer ou s'agrandir
L'objectif du conchyliculteur est de s'installer, puis de s'agrandir. Mais le développement du tourisme, la concurrence étrangère et les limites de l'exploitation marine freinent ses ambitions. En effet, il doit composer avec les autres occupants du littoral tels que l'immobilier et la plaisance, qui gagnent du terrain.

Pour démarrer son activité, le conchyliculteur doit souvent reprendre une exploitation existante ou s'associer, ce qui représente dans tous les cas un lourd investissement.

On compte environ 3720 entreprises dans ce secteur dont presque 80% d'entreprises individuelles ; elles génèrent plus de 7000 emplois à temps plein.

La nécessité de créer des produits et des techniques pour l'aquaculture nouvelle (l'élevage des poissons et des crustacés) crée des débouchés dans les organismes de recherche et d'assistance technique. On relève quelques postes à un niveau supérieur dans l'administration, notamment à la direction des pêches maritimes et à celle de l'Ifremer.

Un employé débute au Smic , mais son salaire évolue en même temps que sa qualification. Les revenus des patrons sont difficiles à évaluer, car ils varient selon les exploitations.

Source : ONISEP